Photographie Argentique
SOMMAIRE⌗
- CHAPITRE 0 : Introduction
- CHAPITRE 1 : Théorie
- CHAPITRE 2 : Photographie
- CHAPITRE 3 : Développement
- CHAPITRE 4 : Les coûts
- SOURCES ET LIENS UTILES
CHAPITRE 0 : Introduction⌗
Cela fait depuis début 2025 que je me suis lancé dans l’expérience de la photographie argentique, sur un coup de tête avec un Nikon F80 et le Kodak Ektra 22 de mon père.
J’ai alors profité d’une convention pour faire mes premiers tests et shoot avant d’envoyer la pellicule en développement.
Puis je me suis renseigné sur le développement chez soi, et, malgré les appréhensions, cela s’est très bien déroulé.
Le processus paraissait très complexe mais la photographie noir & blanc laisse beaucoup de marges aux petites erreurs.
J’ai ensuite profité d’autres évènements à droite à gauche pour me familiariser avec les paramètres de l’appareil. Tenter des choses avec la sur-exposition, expérimenter mes premières erreurs.
Je me base donc sur mon expérience et mes quelques recherches, continuelles, pour rédiger un diaporama, présenté lors de panels en convention, pour donner envie à d’autres personnes.
Aujourd’hui je vous propose donc cet article qui permet de mettre en texte cette présentation, avec tous les détails que je peux oublier a l’oral.
Il n’y aura malheureusement pas de vidéo de démonstration d’un développement noir et blanc. Il faut bien que je garde cette partie uniquement pour les futurs panels.
CHAPITRE 1 : Théorie⌗
C’est ici que nous allons aborder toute la partie théorique de la photographie argentique. De la réaction chimique au triangle d’exposition.
Chimie⌗
La pellicule est composée de plusieurs couches :
- Une couche transparente de protection
- Une couche d’émulsion réactive à la lumière (ou 3 couches pour la couleur)
- Une couche sombre d’anti-halo
- Une couche plus rigide pour garder un film plat
Nous allons nous intéresser à la couche réactive à la lumière.
Celle-ci est composée d’halogénures d’argent AgBr. Plus précisément des ions Brome Br⁻ et des ions Argent Ag⁺.
Mais comment cela fonctionne?
L’Exposition⌗

Comme on peut le voir ci-dessus, l’impression d’une image sur la pellicule prend plusieurs étapes :
- Tout d’abord, le sujet émet des photons en direction de la lentille. Ceux-ci atteignent l’émulsion.
- Chaque photon absorbé par l’ion Brome relâche un électron e⁻
- Cet électron sera capturé par un ion argent à proximité, devenant ainsi un atome d’argent.
Br⁻ + hv -> Br⁰ + e⁻
Ag⁺ + e- -> Ag⁰
La réaction est maintenant stabilisée et ne pourra plus être altérée par la lumière. Il faudra attendre le développement pour que ces atomes soient à nouveau transformés.
La dispersion des ensembles de cristaux sur l’émulsion fait que les photons auront plus ou moins de facilité à rencontrer un ion Brome.
En prenant exemple sur un dégradé de blanc vers noir, le rendu sur une pellicule ne sera pas aussi lisse. On verra apparaître ces zones “manquées” par les photons.

Deviendra

La Sensibilité⌗
Les pellicules sont produites avec plusieurs sensibilités, et ce, en gardant la même recette.
On va jouer avec la taille des ensembles de cristaux. Plus ceux-ci sont fins, plus il y a besoin de photons pour les saturer. A l’inverse, plus ceux-ci sont gros et moins il y a besoin de lumière pour imprimer une image.

Au niveau de l’émulsion, une fois développée, les ensembles seront plus ou moins visibles a l’oeil nu. C’est ce que l’on appelle le Grain.
Par analogie avec la photographie numérique, cela correspond au bruit du capteur.
Bases⌗
Passons maintenant aux bases de la photographie.
Cette partie est à la fois utile pour comprendre comment gérer la lumière arrivant sur notre pellicule, mais aussi le rendu que l’on souhaite avoir sur une image.
Les prochaines informations ne sont pas uniquement destinées à la photographie argentique. Elles peuvent être aussi utiles en photographie numérique.
On va parler de triangle. Et pas n’importe quel triangle.
Le TRIANGLE D’EXPOSITION

Ce triangle représente les 3 paramètres avec lesquels nous pouvons jouer pour modifier la quantité de lumière perçue par la pellicule.
Les ISOs⌗
Comme indiqué dans la partie Chimie, nous pouvons trouver des films avec des sensibilités différentes.
50 / 100 / 200 / 400 / 800 / 1600 / 3200 ISOs

Il est donc impossible de modifier ce paramètre à la volée sans changer de film.
Par contre il est possible d’indiquer à l’appareil photo une valeur ISO différente :
- Inférieure à la pellicule : l’appareil va faire entrer plus de lumière.
- Supérieure à la pellicule : l’appareil va faire entrer moins de lumière.
Ce cas d’utilisation peut se présenter si on utilise des pellicules expirées depuis plusieurs années. Il est souvent recommandé de diviser les ISOs par deux par tranche de 10 ans.
On peut aussi faire le choix de sur-exposer le film, par exemple pour certaines marques comme Fomapan où l’on recommande d’exposer les 400 ISO en 200 ISO.
La Vitesse⌗
Second paramètre de la liste, la vitesse d’obturation.
Elle est indiquée en seconde, le plus souvent en fraction de secondes.
Il existe aussi différents cas d’utilisation pour la vitesse :
- Bulb : La vitesse la plus lente, où l’on décide quand refermer l’obturateur. Utilisée pour des compositions artistiques telles que des dessins de lumière.
- 12s à 4s : Utilisée pour l’astrophotographie. Capturer le mouvement des étoiles ou bien la voie lactée.
- 4s à 1/2s : Jouer avec le flou de mouvement dans votre composition. Par exemple une chute d’eau ou un torrent.
- 1/30s à 1/100s : Parfait pour prendre un sujet immobile à main levée.
- 1/500s à 1/1000s+ : Pour les sujets mobiles voire très mobiles (animalier/sport).
Voici une liste d’exemples avec la courbe de la vitesse la plus lente à la plus rapide.

TIPS : On peut déterminer la valeur de vitesse à ne pas dépasser pour éviter le flou de mouvement.
Il suffit de prendre la focale affichée en mm sur l’objectif et en déterminer la fraction de seconde adaptée.
Pour un objectif 50mm, il faudra faire des photos à main levée en 1/50s minimum.
L’Ouverture⌗
Dernier paramètre, dépendant de votre objectif, l’ouverture.
Noté f sur celui-ci, il indique souvent la valeur la plus basse possible.
Ici, plus c’est bas, plus la lumière passe.
Elle est contrôlée par le resserrement du diaphragme. Elle est donc incrémentable jusqu’à une valeur maximale permise aussi par les limitations de l’objectif.
L’ouverture a un second effet qui impactera le rendu de l’image.
Il va définir le champ de profondeur et donc impacter la distance de mise au point sur votre sujet.
Plus l’ouverture est basse, plus petite sera la zone de mise au point.
A l’inverse, plus l’ouverture est grande, plus large sera la mise au point.
Voici deux exemples mis l’un à côté de l’autre avec les paramètres obtenus par un appareil photo numérique :

Ici on voit bien la différence de la zone en focus sur la peluche.
Être f2.8 et f22 on gagne en détails sur l’objectif posé plus loin et on peut distinguer les éléments tout à l’arrière.
Concernant la lumière, l’appareil a dû compenser d’autres paramètres de son côté :
- ISOs : de 1400 à 3200
- Vitesse : 1/60s à 1/2s
On peut calculer la perte de lumière à :
- ISOs : 1 stop
- Vitesse : 5 stops
- Total : 6 stops, donc divisé par 64 (2⁶)
On peut être tenté de privilégier une ouverture plus petite pour un maximum de lumière mais on risque de se retrouver avec beaucoup de flou d’arrière-plan.
Parfait pour un portrait, pas top pour un paysage.
CHAPITRE 2 : Photographie⌗
La partie théorique est maintenant loin derrière, on va pouvoir aborder la partie matérielle de la photographie argentique.
Formats⌗
Tout d’abord, le format de film qui sera utilisé.
Le marché regorge de différents formats de pellicules.
Tous plus ou moins accessibles financièrement mais aussi selon l’utilisation que l’on souhaite.
Voici un petit récap des formats les plus populaires :

Nous retrouvons donc :
- Le standard 35 mm et sa déclinaison demi-format, créé un peu plus tard, permettant de doubler le nombre d’images prises au détriment de la qualité.
- Le 110 qui sera aussi un format économique pour son époque, permettant d’avoir un appareil photo miniature.
- Le 120 qui ouvre la porte aux moyens formats et à leur grande résolution.
Par comparaison avec la photographie numérique, voici le tableau d’équivalence en Megapixel selon le film et la sensibilité de celui-ci (Comme vu dans le paragraphe chimie, plus la sensibilité est haute, plus les crystaux sont gros) :
| FILM | 100 ISO | 400 ISO |
|---|---|---|
| 110 | 5-6 Mpx | 2-3 Mpx |
| 35 1/2 | 10-12 Mpx | 5-8 Mpx |
| 35 | 20-24 Mpx | 10-15 Mpx |
| 120 6x4.5" | 55-65 Mpx | 30-40 Mpx |
| 120 6x6" | 75-90 Mpx | 40-50 Mpx |
| 120 6x7" | 90-105 Mpx | 55-65 Mpx |
Si on superpose tous ces formats à la même échelle, on se retrouve avec ce schéma :

Appareils⌗
Maintenant qu’on connaît les différents formats, on peut maintenant choisir notre appareil.
On retrouve différents types d’appareils photo avec des technologies plus ou moins anciennes.
Point and Shoot⌗

Le Point & Shoot est l’appareil le moins cher de la sélection.
Cela se confirme via sa qualité d’assemblage et des matériaux utilisés.
Principalement composé de plastique, il est construit pour être cheap et peu robuste.
Ses principaux avantages sont :
- Le prix
- La simplicité d’utilisation
- Compact
- Auto Focus
- Zoom intégré pour certains
Dual Lens Reflex⌗

Le Dual-lens Reflex est le plus vieil appareil parmi les 4 que nous allons voir.
Il est totalement mécanique et ne dispose d’aucune fonction avancée.
Les modèles les plus avancés disposent d’une cellule qui mesure la lumière dans l’objectif.
Son gros avantage est la vision via un second objectif. On voit ce que l’on va prendre en photo.
Cependant, il y a beaucoup d’inconvénients :
- Fonctions limitées (zoom, auto focus)
- Très onéreux (beaucoup d’anciennes marques reconnues)
- Besoin de 2 objectifs si on souhaite les changer
- Limité au format 120
- Trop manuel. Pas pour débuter.
- Lourd
Rangefinder⌗

Le rangefinder est un type d’appareil assez compact sur lequel on peut retrouver des fonctionnalités récentes.
Cependant, ils sont inaccessibles financièrement à cause des différentes tendances relayées par les réseaux sociaux.
On peut retrouver des modèles qui ont doublé voire triplé de prix en l’espace d’un an.
Niveau avantages, on retrouve :
- La simplicité d’utilisation
- Beaucoup de fonctionnalités (auto focus, flash)
- La possibilité de changer d’objectifs
- Son format compact
- Sa robustesse
Single Lens Reflex⌗

Enfin, le dernier de la liste et le plus répandu, le single lens reflex.
Son architecture se repose sur le dual lens reflex, un miroir qui permet de voir à travers l’objectif via le viseur.
C’est pour moi le meilleur appareil pour débuter, on retrouve toute la partie manuelle des anciens modèles et une partie automatique pour les modes de priorité (ouverture ou vitesse).
Côté avantages on peut lister :
- Vision directe via l’objectif
- Fonctionnalités avancées
- Objectifs interchangeables
- Auto Focus
- Rapport qualité/prix et robustesse
Cependant c’est un appareil qui peut être encombrant et bruyant via le système de bascule du miroir.
Outils Indispensables⌗
Après avoir choisi son appareil, on peut maintenant lister tous les outils dont nous aurons besoin pour commencer à faire des photos.
Piles⌗
Tout d’abord, le plus important mais aussi le plus évident, les piles!
Il existe plusieurs formats utilisés dans les appareils photos. Les plus répandus sont :
- LR44 (piles bouton)
- CR123 (Lithium 3V)
- AA (basique 1.5V)
Sans ça, pas d’entraînement de bobines ou de mesure de la lumière.
Boîtes de pellicules⌗
Ensuite, les boîtes de pellicules.
Il est tentant de s’en débarrasser une fois la pellicule dans l’appareil, mais pensez à la garder. Généralement on ne développe pas de suite ses photos et cela permet un stockage à l’abri de la lumière et de l’humidité.
Extracteur de pellicule⌗
Autre outil indispensable, l’extracteur de pellicule :

Cet outil peut à la fois vous rendre service mais aussi vous sauver la vie.
Son utilité est multiple.
Cas N°1 (Oopsie) : Vous rembobinez votre pellicule par mégarde lors du chargement de celle-ci (Appareil qui bug, action sur le levier de rembobinage). Vous pouvez récupérer le bout du film avec votre extracteur et le recharger dans votre appareil.
Cas N°2 (Sauvegarder/Charger) : Vous décidez de changer de film (couleur/N&B ou ISO différent). Rembobinez, notez le nombre de prises déjà effectuées et chargez votre nouvelle pellicule. Plus tard vous pourrez ressortir votre premier film pour continuer à prendre des photos dessus. A condition de shooter le nombre de prises de vues notées précédemment + 1 avec le cache sur l’objectif.
Manchon de chargement⌗
Tout comme l’extracteur de pellicules, le manchon de chargement peut lui aussi sauver vos photos.

Si vous remarquez un détail qui vous fait hésiter à ouvrir le panneau arrière de votre appareil, pour par exemple retirer votre pellicule terminée, faites-le à l’abri de la lumière.
Le manchon permet d’avoir une chambre noire portable pour ce cas d’usage.
On peut aussi l’utiliser pour charger des bobines de films dans des caméras argentiques de type 8mm ou 16mm.
Il est important, lors du rembobinage de votre film, de porter attention au bruit du moteur ou à la force exercée sur le levier (quand manuel).
Un changement de bruit/force au fur et à mesure du rembobinage indique que le film rentre correctement dans la pellicule.
Si cela n’est pas le cas, direction le manchon de chargement pour vérifier la présence du film en dehors de la pellicule.
Posemètre⌗
Dernier outil, indispensable pour les appareils ne disposant pas d’une cellule d’exposition, voir les anciens appareils avec une cellule qui a mal vieilli. Le posemètre.

Cet appareil vous indiquera les paramètres à appliquer à votre appareil/objectif pour une photo correctement exposée.
Ils sont assez chers, dans la tranche des 200€ pour les plus basiques, mais sont indispensables pour débuter.
Cependant, il existe un autre moyen d’obtenir un posemètre, pour une fraction de son prix voire gratuit.
Votre téléphone portable, s’il est assez récent, dispose d’un capteur de lumière sur sa face avant.
Celui-ci permet de modifier la luminosité de votre écran en fonction de la lumière projetée sur celui-ci.
Vous trouverez donc différentes applications de posemètre utilisant ce capteur :
- Light Meter
- Luxmètre
Conseils & Astuces⌗
C’est parfait, on peut maintenant lister tout ce dont j’ai besoin et je peux aller acheter mon premier appareil !
Comment ça “Pas maintenant” ?!
Et oui, malheureusement il reste encore une dernière section.
Celle qui vous empêchera de vous retrouver avec un appareil non fonctionnel, voire qui vous fera gaspiller des pellicules.
Et aux prix du 35mm couleur, ça fait cher la boulette.
A l’Achat⌗
Choix de l’appareil/objectif⌗
Tout d’abord, au moment d’acquérir votre premier appareil, pensez à bien comparer les prix entre les différents modèles.
Avec les tendances des réseaux sociaux, une marque ou un modèle ne vaut clairement pas son prix.
A titre d’exemple, un SLR (Single Lens Reflex) Canon AE-1 Program et un Minolta SRT101 ont les mêmes fonctionnalités, la même silhouette, une sélection d’objectif quasi identique.

Le Canon vaut environ 200€ alors que le Minolta, lui, se trouve à 100€ (comparé sur Ebay).
La différence de prix pour le coup s’explique par la réputation du modèle de Canon auprès des collectionneurs.
Second conseil à l’achat. Les objectifs à privilégier.
Je vous conseillerais tous les objectifs en dessous de 100mm, au-delà on est sur une utilisation proche de l’animalier.
- 24mm : Bien pour les paysages et l’architecture
- 50mm : Le mieux, proche de la vision de l’homme donc facile à cadrer
- 85mm : Parfait pour des photos de portrait. Au-delà on zoom trop.
L’optique 50mm étant la plus répandue, les constructeurs proposent souvent différentes ouvertures pour ceux-ci, jusqu’à f1.4.
Les prix sont aussi très intéressants.
Déceler les dégâts et futures réparations⌗
Une fois le modèle choisi, il faut maintenant regarder l’état du boîtier et des lentilles.
Avec le temps, certains éléments vieillissent mal et ont souvent besoin d’une maintenance.
Tout d’abord, il est important de regarder l’état du rideau de l’obturateur. Plus l’appareil a fait de photos, plus ce rideau se détériore.

Dans l’exemple ci-dessus, on voit 3 types de dommages sur le rideau :
- Rideau papier froissé
- Rideau à lames détruit
- Rideau à lames couvert d’huile.
On peut aussi ajouter les traces de moisissures sur les rideaux en tissu.
Même un rideau qui a l’air en bon état peut cacher un défaut. Déclencher avec la porte arrière ouverte et écoutez bien le mécanisme.
Ces dégâts se repèrent assez vite et sont difficilement réparables. Passez votre chemin si vous avez un doute.
Second emplacement à vérifier sur l’appareil. Le compartiment à piles.
Il est assez fréquent que l’ancien propriétaire ait oublié les piles dans celui-ci lors de son dernier stockage.
Les piles au lithium n’apprécient pas tellement la décharge sur une longue période et peuvent commencer à s’oxyder et couler sur les pistes.
Soit la coulure est locale et réparable via un nettoyage ou un remplacement de la partie métallique. Soit elle s’est engouffrée a l’intérieur de l’appareil et a attaqué toutes les pistes sur son chemin.
Un nettoyage rapide (coton-tige + alcool IPA) et un test avec une pile neuve peuvent vous indiquer si l’appareil est fonctionnel ou pas.
Autre emplacement à vérifier, ou plutôt élément à vérifier. L’objectif.
Il existe deux soucis majeurs lorsqu’un objectif est entreposé longtemps dans un sac :
- Les champignons
- L’huile qui a coulé
Au niveau des optiques, il est possible qu’un champignon ait pu se frayer un chemin entre deux éléments en verre.

Il est possible de tuer le champignon et qu’il se résorbe avec une lumière UV et plusieurs heures d’exposition.
Cependant, rien ne peut garantir qu’il ne reviendra pas.
Concernant le souci d’huile. Celle-ci, avec les différentes variations de températures et un stockage tête en haut, peut se retrouver sur le diaphragme.
Cela ne pose pas de souci au niveau de la qualité d’image, mais cela veut dire que les éléments qui doivent être huilés plus haut ne le sont plus ou peu.
Une autre inspection visuelle du diaphragme peut aussi révéler un décalage des lames. Normalement, la forme obtenue par le resserrement des lames doit rester circulaire. Une ovalisation indiquerait un jeu ou une déformation d’une des ailettes.

Tous les défauts listés ci-dessus peuvent être vérifiés à l’aide d’une inspection visuelle rapide et d’un ou plusieurs déclenchements.
Il existe un dernier élément à ABSOLUMENT vérifier, voir remplacer en cas de doute.
Il en vaut pour votre vie mais surtout pour votre film qui sera chargé dans l’appareil.
Les joints d’étanchéité de lumière.

Vous pouvez avoir le meilleur appareil, quasiment neuf jamais utilisé, il ne restera que l’étanchéité à la lumière pour vous bloquer la route.
Cette mousse que l’on retrouve au niveau des ouvertures de la porte arrière de l’appareil et qui vieillit très mal.
Elle a tendance a s’effriter, laisser passer de la lumière et polluer la surface de votre film et/ou le rideau de l’obturateur.

Heureusement, son remplacement est facilement réalisable avec des kits de mousse à découper et coller.
De mon point de vue, même si elle se présente bien sur l’appareil, sans confirmation de son remplacement de la part de son propriétaire, changez-la.
Dans tous les cas, si vous achetez votre appareil auprès d’un magasin, n’oubliez pas qu’il reste sous garantie. Vous pouvez alors shooter votre première pellicule de film noir et blanc pas cher (Fomapan) et la faire développer pour voir si des défauts persistent.
A l’Utilisation⌗
D’autres astuces peuvent s’appliquer pendant que vous utilisez votre appareil.
En premier, le nombre de poses affichées sur les pellicules.
Il est mentionné 12/24/36 poses, mais il est possible que le fabricant soit plus généreux et laisse une marge d’une ou deux images en plus.
Si votre appareil a un levier d’armement, vous pouvez juger, selon la force appliquée, si vous êtes en fin de film.
Si celui-ci a un entraînement par moteur, il doit être doté d’un capteur de couple (force appliquée à l’axe) qui peut forcer le rembobinage en fin de film.
En parlant de rembobinage, je préfère le répéter ici, soyez attentifs à la force appliquée et/ou au son du mécanisme lorsque vous rembobinez vos films. Ne pas hésiter à checker avec un manchon de chargement.
Autre astuce, ne soyez pas bloqués par le type de pellicule chargée dans votre appareil. Changez de pellicules en notant dessus le nombre de poses déjà prises pour la charger plus tard.
Il serait dommage d’avoir chargé une 100 ISO le matin par temps très clair et se retrouver à ne plus pouvoir utiliser l’appareil l’après-midi par temps nuageux.
Dernier conseil avant de passer au chapitre suivant. Surexposez.
Pourquoi vouloir plus de lumière sur ma photo ?
En Noir & Blanc et Couleurs C-41, vous obtenez un négatif de l’image. Les parties claires seront sombres et les parties sombres seront claires (transparent).
Qui dit partie claire dit pas/peu d’argent restant sur le film, donc perte d’informations.
A l’inverse, qui dit sombre dit zones chargées en argent mais pas totalement couvertes.
Au moment de scanner le négatif, il sera plus simple de laisser plus de photons traverser la partie sombre et donc récupérer plus de données qu’une partie totalement transparente.
Pour imager mes propos, voici un exemple de surexposition et sous-exposition.
La première image sera notre référence (EV 0). Les autres représentent X2, X4 puis /2, /4 en quantité de lumière.
Sur-Exposé
Sous-Exposé
On remarque beaucoup de perte d’information sur le premier anneau de l’objectif (en partant du bas) sur la partie sous-exposée.
A l’inverse, on en gagne beaucoup sur l’intégralité de l’objectif en étant sur-exposé.
CHAPITRE 3 : Développement⌗
Différents Types⌗
Précédemment j’ai mentionné le film Couleur C-41. C’est un des différents films et procédés de développement.
On retrouve 6 procédés, plus ou moins répandus, et répartis en 2 catégories.
Procédés Noir & Blancs :
- Classique : Procédé le plus répandu, on obtient un négatif de notre image.
- Inverse : Procédé dédié aux diapositives et aux films 8mm/16mm. On obtient directement l’image telle qu’elle a été prise.
- Artisanal : Procédé incluant des produits du quotidien. Café, boissons énergisantes.
Procédés Couleurs :
- C-41 : Procédé répandu avec lequel on obtient un négatif de l’image.
- E6 : Procédé inverse pour les diapositives. Ici on obtient l’image telle qu’elle a été prise.
- ECN-2 : Ce dernier procédé est utilisé avec du film cinéma. Celui-ci contient une couche anti-friction pour les caméras. Ici, on obtient aussi un négatif de l’image.
Comment ?⌗
Chaque procédé a ses propres étapes “Bains”.
Noir & Blanc

Couleur C-41

Les bains en détails⌗
Révélateur⌗
Bain très basique (pH aux alentours de 10).
Composé d’un :
- Agent réducteur permettant de transformer les ions argent Ag⁺ périphériques en atomes d’argent Ag⁰.
- Agent alcalin pour augmenter le pH de l’émulsion à 10.
Bain d’Arrêt⌗
Bain acide permettant de stopper le processus de révélation.
pH 2,5 à 4,5.
Globalement composé d’acide acétique ou citrique.
Il permet aussi de préparer le bain fixateur qui pourrait ne pas être efficace en présence d’une émulsion trop basique (pH > 7).
Fixateur⌗
Bain acide qui va transformer tous les cristaux de Bromure d’Argent AgBr en complexe soluble dans l’eau.
Les zones non exposées (composées d’AgBr), se retrouveront totalement transparentes.
A la fin de ce bain, le film peut être manipulé à la lumière du jour.
Blanchisseur et Fixateur (Blix)⌗
Sur une pellicule couleur, la pellicule contient deux images superposées. Une image formée par les colorants (cyan, magenta et jaune) et une image en argent métallique noir.
Ce bain (proche d’un pH neutre, 6,0 à 6,8) ré-oxyde l’argent métallique noir (Ag⁰) formé par le révélateur pour le re-transformer en sels d’argent insoluble.
Le fixateur va ensuite dissoudre les sels d’argent et donc laisser uniquement la partie colorante qui servira à donner notre négatif couleur.
Lavage⌗
Bain de rinçage à l’eau.
Le but étant de retirer tous résidus du bain fixateur et remonter le pH de l’émulsion à un pH neutre (pH 7).
Stabilisateur⌗
Le stabilisateur est un produit qui permet de protéger l’émulsion.
Il sert de couche de protection et permet aux gouttes d’eau résiduelles de couler sans laisser de traces.
Où Développer ?⌗
C’est bien beau toutes ces précisions sur les bains, mais où faire développer ses photos ?
Au Laboratoire⌗
Au Labo! Mais où en trouver un ?
Si vous habitez dans une grande ville, vous trouverez des laboratoires professionnels ou associatifs.
Une opportunité de vous renseigner un maximum sur la photographie et demander des conseils.
Pour les moins chanceux, il existe des laboratoires en ligne.
Forcément, en passant par un laboratoire, vous garantissez une qualité de travail à un niveau professionnel.
Ceux-ci incluent aussi plusieurs services via des packs (Développement, Scans, Tirages).
Et le gain de temps permet de vous concentrer sur d’autres tâches en attendant de recevoir les résultats.
Cependant, le temps de traitement peut être totalement différent selon les types de films. Un développement noir et blanc sera pris en charge plus rapidement qu’un développement couleur C-41, et je ne vous parle pas des autres méthodes encore moins répandues.
Pourquoi alors le C-41 peut prendre plus de temps?
Cela va dépendre du nombre de pellicules couleur que le laboratoire attend d’avoir pour lancer un batch de développement.
La chimie C-41 ne se garde pas bien dans le temps et coûte assez cher. Il faut donc rentabiliser les bains et attendre un nombre de commandes défini pour lancer le développement.
Un autre point négatif du développement en laboratoire est le prix.
Pour du noir et blanc il faut compter dans les 7€, sans compter les frais d’envoi et de livraison (si vous n’avez pas de laboratoire à proximité).
Côté couleur, il faut compter environ 15€.
Ces prix ne diffèrent pas si vous envoyez une pellicule 12/24/36 poses.
A la Maison⌗
Sinon, vous pouvez aussi le faire chez vous.
La description des différents bains précédents vous a permis de voir le nombre d’étapes à réaliser. Je n’ai cependant pas mentionné le temps total des opérations :
- Noir et blanc : 30-35 minutes
- Couleur C-41 : 20-25 minutes
Ajoutez à ça un temps de séchage de 3H, ou vous n’avez plus besoin d’y toucher. On se retrouve avec une opération assez rapide pour 2 pellicules minimum. (Les plus petites cuves Paterson permettent de développer 2 pellicules 35mm en simultané.)
Le faire chez soi est alors plus rapide que le temps d’attente en laboratoire, mais ça vous permet aussi de garantir la confidentialité de vos clichés.
La discrétion des laboratoires est connue comme fiable, mais forcément, les vérifications effectuées post-développement impliquent qu’un opérateur contrôle tout le film à l’oeil nu.
Ajoutons un autre point positif, les coûts de développement.
Nous le verrons plus tard mais côté chimie il faut compter pour du noir et blanc, 1 à 3€ par pellicule.
Par contre, cela nécessite aussi un achat de matériel plus ou moins coûteux pour débuter. Environ une centaine d’€.
On ajoute aussi les risques de faire des bêtises, surtout au début. Que ce soit sur la composition de la chimie ou bien sur la manipulation du film.
Enfin, qui dit chimie dit logistique et stockage des déchets.
Pensez à bien vider vos bains dans un conteneur adapté et l’apporter dans la déchetterie de votre commune.
Cependant, la satisfaction de le faire soi-même couvre une partie de ces points négatifs.
Chez Vous⌗
Matériels⌗
Niveau matériel nécessaire il faut compter :
- Un manchon de chargement (précédemment acheté)
- Un extracteur de film (Aussi précédemment acheté)
- Une cuve et ses spires
- Des bidons d'1L
- Un lot d’éprouvettes graduées, si possible une de 10mL et une de 1L
- Un thermomètre pour contrôler la température des bains
- Des clips pour accrocher les films
- Un thermoplongeur pour maintenir une température de 36°C pour le C-41 uniquement
Il existe des systèmes de développement avancés avec des fonctions semi-automatiques.

Lab-Box de Ars-Imago
Coût : 160€
Prend en charge le 35mm et le 120 (module en option)
Permet de décharger la pellicule, couper le film et développer sans devoir utiliser de manchon.
Avantages : Compact et portable | Low Cost | Pas besoin d’obscurité
Inconvénients : Pas de possibilité de chauffer | Chronométrage manuel | Agitation manuelle (moteur en option)

AGO Film Processor
Coûts : 430€ (sans cuve)
Prend en charge tous les formats possibles dans une cuve type Paterson
Cuve type Paterson jusqu’à 8 films 35mm ou 5 films 120
Avantages : Compact | Semi automatique (recettes intégrées) | Abordable | Grande gamme de cuves compatibles
Inconvénients : Toujours pas de chauffage possible

JOBO CPP Classic
Coûts : 4200€ (sans cuve)
Prend en charge tous les formats et toutes les cuves JOBO
Avantages : Semi-Automatique, Vidange des bains simples, Système de bain-marie de l’ensemble des éléments
Inconvénients : Prix, Encombrement et Acosystème JOBO uniquement
Chimie⌗
En termes de chimie, il existe plusieurs packagings.
Soit on prend des packs prêts à l’emploi (plus ou moins). Par exemple les kits Ilford Simplicity ou bien le pack de poudre à diluer Cinestill CS41.
Soit on achète les bains un par un. Comme les produits ADOX :
- Adonal : Révélateur
- Adostop : Bain d’arrêt
- Adofix : Fixateur
- Adoflo : Stabilisateur
L’avantage de prendre les produits à l’unité est qu’on gagne un peu plus d’argent sur les process.
Un bain de révélateur s’“usera” moins longtemps qu’un bain de stabilisateur par exemple.
En termes de temps de process, je me base sur mes expériences et donc certaines tâches peuvent encore être optimisées :
- Chargement de la pellicule dans la spire (15 minutes)
- Extraire l’amorce de la pellicule et découper proprement celle-ci
- Regrouper le matériel dans le manchon de chargement
- Trouver l’entrée de la spire et insérer le bout de pellicule
- Faire glisser le tout à l’intérieur de la spire et découper.
- Assembler la cuve
- Différents bains (45 minutes)
- Préparer les liquides
- Rinçage initial de la pellicule
- Bain Révélateur, agitations et vider la cuve dans la bouteille
- Bain d’arrêt, idem que le Révélateur
- Bain de fixation, idem que le Révélateur
- Rinçage à l’eau pendant 5 minutes, agitation/brassage
- Bain de stabilisation
- Séchage (3H)
- Vider la spire et étendre sa bobine sur un cintre avec les pinces.
La Numérisation⌗
Matériel⌗
Maintenant que les négatifs sont développés, il faut quand même pouvoir en profiter sur ton écran PC et les partager.
Niveau appareils, je les regroupe dans 4 catégories :
- Amateur
- Semi-Pro
- Professionnel
- DIY (Do It Yourself)
Amateur⌗
Côté Amateur, on retrouve les appareils bon marché prêts à l’emploi.
Par exemple les scanners pour téléphones :

Très cheap
Dépend de la résolution de votre téléphone et de sa mise au point
À faire dans le noir complet
Ou bien les scanner avec caméra intégrée tels que :

Modèles plus ou moins cheap
Résolution basse
Mais plutôt rapide à scanner
Semi-Pro⌗
Côté Semi-Pro, on retrouve les scanners à plat dédiés (certains ne supportent pas les négatifs)

On commence à entrer dans les scans de bonne qualité.
Scan très rapide, le scanner parcourt toutes les photos d’un coup.
Prix abordable, dans les 400€ d’occasion.
Professionnels⌗
Côté professionnels, on retrouve des appareils de marque renommée dans les laboratoires.
Le premier, le scanner Nikon Coolscan, est un des scanners les plus répandus dans les labos.

Scan de très bonne qualité.
Bonne définition des couleurs, il effectue 4 expositions (1 par couleur et 1 en infrarouge).
Intègre un système anti-poussière pour les photos couleurs.
Cependant, 4 poses = plus de temps à scanner (1-2 minutes par image)
2 modèles par génération, une version light et une avec plus de fonctionnalités.
Prix toujours abordable sur les anciens modèles, attention à la connectique (USB ou Firewire)
Pour un appareil encore plus pro, on entre dans une dimension plus imposante. Là, on a directement un meuble avec l’intégralité des outils nécessaires et un PC.

Scan de très bonne qualité.
Idem que le Nikon, plusieurs expositions et suppression des poussières.
Ordinateur intégré avec clavier de raccourcis (Peut-être un inconvénient si le système est HS)
Lourd et encombrant.
DIY⌗
Enfin, pourquoi compliquer les choses alors qu’on peut juste prendre un appareil photo numérique (que l’on dispose déjà) et acheter/imprimer un support pour la pellicule?

Coûts réduits (Selon si on a déjà un appareil photo et un objectif macro 1:1)
Simple d’utilisation, on shoot et le scan est pris.
Contrôle total sur le focus.
Possibilité de “stacker” les clichés pour augmenter artificiellement la définition.
Cependant, toujours à réaliser dans l’obscurité, ou au moins un tissu qui couvre la zone entre l’objectif et le support.
Les Logiciels⌗
Pour les scanner, vous pouvez vous contenter des logiciels fournis avec ceux-ci.
Pour plus de contrôle, il existe deux logiciels payants :
- Vuescan
- Silverscan
Côté traitement des scans, je vous propose 3 logiciels. Le premier, le plus connu côté photographie numérique.
Adobe Lightroom⌗
Lightroom n’inclut pas de modules pour l’argentique. Il permet de base d’inverser vos scans et effectuer toutes les étapes pour votre rendu final.
Il est alors possible d’acquérir un module payant pour traiter vos négatifs. Negative Lab Pro.
Celui-ci permet l’inversion et applique toutes les modifications sur notre scan selon des profils de pellicules pré-enregistrés.
Ce module coûte 99$ et inclut toutes les futures mises à jour mineures. Il est aussi utilisable sur 2 périphériques différents.
Darktable⌗
Darktable est l’équivalent Open-Source et gratuit de Lightroom.
Il offre les mêmes fonctionnalités et il existe un module dédié au traitement des négatifs Negadoctor.
GIMP / Photoshop / Affinity⌗
En dernier recours, et si vous êtes habitués à certains logiciels de retouche d’image, vous pouvez aussi trouver votre compte avec ceux-ci.
Par contre, le traitement de toutes les images risque de prendre plus de temps.
Les deux premiers logiciels permettant d’appliquer des modifications sur un ensemble d’images, le temps de traitement est raccourci.
Le Process⌗
Les étapes pour traiter votre scan sont les suivantes :
- Retourner/inverser horizontalement votre image. (Celle-ci a peut-être été scannée du mauvais côté et elle sera totalement inversée).
- Passer en mode Noir et Blanc si les scans le sont.
- Faire la balance des blancs avec la pipette sur une bande claire de la pellicule (espace entre deux images par exemple)
- Inverser les couleurs
- Tout le reste (Régler les zones sombres et claires, recadrer, dé-bruiter)
ET SURTOUT, archivez vos négatifs une fois terminé.
Vous trouverez des pochettes d’archivage à mettre dans un classeur, où vous pourrez y glisser 7 bandes de 6 images ainsi qu’une bande d’information en haut de la page.
Vos négatifs contiennent toutes les informations de vos photos, il ne faut pas les négliger.
Même si l’image est scannée et sauvegardée sur votre PC, peut-être que vous allez acquérir un scanner plus puissant et vous pourrez tirer plus de détails de vos clichés.
Le Tirage⌗
Le tirage d’une photo est la seule chose que je n’ai pas encore réalisée chez moi.
Cela nécessite du matériel supplémentaire, mais aussi une chambre noire.
Matériel⌗
Qui dit chambre noire dit :
- ampoule inactinique: la fameuse lampe rouge.
Ça sera votre seul moyen d’y voir quelque chose lorsque vous exposerez le négatif sur le papier photo, mais aussi pendant les différents bains jusqu’au séchage. - Bacs: pour la chimie et où y glisser le papier photo exposé.
- Un minuteur:, sans rétro-éclairage.
- Des longues pinces: pour manipuler le papier photo.
- Des épingles: pour les étendre et les faire sécher.
- Et l’agrandisseur: pour projeter le négatif sur le papier photo.

Chimie⌗
Côté chimie, en Noir & Blanc on reste sur les mêmes composés, et donc les mêmes bouteilles que celles acquises pour le développement photo.
Pour la couleur, on passe sur un procédé RA4.
Idem, favoriser l’achat de chimie à l’unité plutôt que les packs.
Je peux vous conseiller la marque Adox qui couvre tous les bains :
- Adonal ou RA-4 Part A et RA-4 Part B pour la révélation
- Adostop : Stopper le révélateur
- Adofix : Fixer l’émulsion
- Adoflo : Stabilisant et protection
Processus⌗
Le processus est similaire pour le N&B et la couleur. Seule une étape prendra plus de temps.
- Charger le négatif dans l’agrandisseur et cadrer
- Sortir le papier photo de son emballage protecteur
- Tester l’exposition
- Exposer une seule partie de la photo (on couvre le reste avec un papier occultant)
- Exposer une seconde partie avec plus de temps
- Exposer une troisième partie, etc
- Réaliser les 4 bains pour voir quel temps d’exposition est le bon
- Exposer la photo avec les bons paramètres (et exposer chaque filtre de couleur pour les photos couleur)
- Réaliser les 4 bains et mettre à sécher
CHAPITRE 4 : Les coûts⌗
Photographie⌗
Appareil
- Point and Shoot : 35-50€
- Reflex : 100-150€
Accessoires
- Manchon : 25€
- Extracteur : 10€
Film
- Noir & Blanc
- Fomapan 400 : 5,75€
- Ilford HP5 400 : 8,90€
- Couleur
- Kodak Ultramax 400 : 12,40€
On part sur une moyenne de 100€ pour débuter la photographie.
Développement⌗
Matériel
- Manchon : 0€
- Extracteur : 0€
- Kit de développement Ilford : 156€ (inclus un kit N&B Ilford)
OU
- Cuve : 33€
- Pinces : 15€
- Bouteilles X3 : 20€
- Éprouvettes : 10€ le kit
- Thermomètre : 10€
Chimie
- Kit N&B Ilford : 28€ (14€/film)
- A l’unité N&B : 28€ (1,4€/film)
- Cinestill CS41 (poudre) : 40€ (1,67€/film)
On peut proposer deux cas d’utilisation et donc d’investissements.
Dans les deux cas, il faut compter le matériel.
Occasionnel : Kit à 156€ et prendre des kits de chimie Ilford ou Cinestill au fur et à mesure.
Régulier : Matériel à l’unité (88€) et passer sur de la chimie à l’unité.
Tirage⌗
Matériel
- Bac/Cuvettes : 10€
- Ampoule inactinique : 20€
- Minuteur (sans éclairage) : 5€
- Pinces de manipulation : 15€
- Bouteilles X3 : 20€
- Éprouvettes : 0€
- Thermomètre : 0€
- Agrandisseur : d’occasion 30-50€ en N&B et 100-150 en Couleur
Chimie
- A l’unité N&B : 28€ ou 0€ si déjà acquis
- Couleur RA-4 : 30€
Papier photo (12,7x17,8cm)
- N&B : 29€ les 100 feuilles (0,29€/photo)
- Couleur : 28€ les 100 feuilles (0,28€/photo)
Economies⌗
Appareils⌗
On peut économiser sur le prix des appareils en parcourant les vides-greniers, brocantes, braderies de votre région.
Ou bien rendez-vous dans l’un de vos magasins Compagnons Emmaüs qui peuvent regorger d’appareils et objectifs photo.
Enfin, n’hésitez pas à demander à votre entourage s’ils ont encore l’appareil photo des repas d’anniversaires.
Films⌗
Côté films, on peut acheter du stock périmé.
Généralement on augmente la quantité de lumière nécessaire par 2 par décennies après expiration.
On peut donc trouver du stock en réduction sans devoir faire concession sur les ISO affichés sur la pellicule.
Autre astuce. Le format 35mm est le plus répandu et donc le moins cher à produire. Il est donc plus facile d’économiser sur ces pellicules, et cela tend à être de plus en plus vrai avec l’arrivée de nouveaux acteurs/producteurs sur le marché. Entrant en concurrence directe avec Kodak qui a le quasi-monopole du marché.
Enfin, il est possible d’acheter les films en bande de 30,5m ou 50m.
Il faut cependant acquérir un chargeur de pellicule qui vous permettra de choisir le nombre de poses que vous allez insérer dans celle-ci.
On part donc d’une bobine de Xm à plusieurs pellicules chargées.
La différence de prix peut être énorme.
Par exemple, une bobine de 30,5m de Fomapan ISO 400 se trouve au prix de 62€
Avec cette bobine, on peut remplir 18 pellicules de 36 poses (0,4 pellicules restant)
18 Pellicules de 36 poses peuvent être achetées en 3 packs de 5 (27,90€ x 3) et 3 pellicules à l’unité (6,45€ unité)
On se retrouve avec : 62€ la bobine ou 103,05€ de pellicules déjà prêtes
Soit une économie de 41,05€
Certains films cinéma tels que le Kodak Vision3 500T ne peuvent que se trouver en bobines.
D’autres marques le chargent de leur côté et le vendent hors de prix.
Cinestill Tungsten 800T à 21€ les 36 poses
Cinestill Dynamic 400D à 23€ les 36 poses
Développement⌗
Pour le développement, les économies sont surtout faites quand on réalise l’opération chez soi.
Côté Noir & Blanc, privilégier l’achat de chimie à l’unité plutôt que les kits. Cela permet de répartir les sessions de développement dans l’année plutôt que devoir tout faire d’un coup.
Idem pour la couleur, privilégier la chimie en poudre. Plus simple a partager, diviser le poids par deux, et à sceller sous-vide pour un stockage longue durée.
SOURCES ET LIENS UTILES⌗
Chaînes Youtube⌗


- Nick LoPresti : Ses vidéo sur les méthodes de scan et développement.
- Technology Connections : Ses différentes vidéo sur les appareils photos.
- Sweet Lou Photography
Vidéo Intéressantes⌗
- C’est pas Sorcier : “Tu veux ma photo ?"
- The Birth of Photography: Drawing With Light (and silver iodide)
- Making Film Reveal its Image: the B&W Development Process (Photography Part 2)
- I Developed Film in a Jägerbomb (It Worked)
Sites Web⌗
- Filmdev.com : Recettes de développement.
- Digit-Photo.com : Site de vente de matériel et pellicules. Magasin physique à Metz.
- Ma Galerie Argentique

